486 millions d'euros d'amendes : la CNIL publie un bilan 2025 marqué par la fermeté
Publié le 9 février 2026, le bilan annuel de la Commission nationale de l'informatique et des libertés dresse un tableau chiffré de son activité répressive sur l'année écoulée. Avec 259 décisions rendues et près de 487 millions d'euros d'amendes cumulées, la CNIL confirme une posture d'autorité qui ne laisse plus de place à l'attentisme réglementaire.
Une activité répressive soutenue
Sur les 259 décisions prononcées en 2025, 83 constituent des sanctions formelles, auxquelles s'ajoutent 143 mises en demeure, 31 rappels aux obligations légales et 2 avertissements. Les 83 sanctions comprennent 78 amendes, dont 27 assorties d'injonctions sous astreinte, ainsi que trois décisions de liquidation d'astreinte. Seize d'entre elles ont été adoptées par la formation restreinte selon la procédure ordinaire, les 67 autres relevant de la procédure simplifiée mise en place en 2022. Dix décisions ont été rendues publiques.
Les cookies, premier poste de sanctions en valeur
La thématique des cookies et autres traceurs concentre les montants les plus importants. Cinq ans après la publication de ses lignes directrices, la CNIL a sanctionné 21 organismes pour des manquements variés : dépôt de traceurs sans consentement, information insuffisante des utilisateurs, non-prise en compte du refus ou du retrait du consentement. Deux acteurs majeurs ont écopé d'amendes respectives de 325 millions et 150 millions d'euros, soit l'essentiel du montant total annuel.
Vidéosurveillance des salariés et obligations des sous-traitants
Seize organismes ont été sanctionnés pour surveillance vidéo disproportionnée ou dissimulée de leurs employés, en l'absence de circonstances exceptionnelles le justifiant. La CNIL a également rappelé les obligations des sous-traitants : mise en oeuvre de mesures de sécurité adaptées, traitement des données sur instruction du responsable et suppression en fin de relation contractuelle.
Les motifs récurrents de la procédure simplifiée
Dans le cadre de la procédure simplifiée, trois manquements dominent : la sécurisation insuffisante des données personnelles pour 14 organismes, le défaut de coopération avec la CNIL pour 14 autres, et la non-prise en compte des droits des personnes (effacement, opposition, accès) pour 14 décisions supplémentaires. La prospection commerciale et politique a donné lieu à 10 décisions, dont cinq visant des candidats aux élections européennes et législatives de 2024.
Source : CNIL